Les origines du
journal personnel
(France,1750-1815)
projet de livre
On trouvera ici
le plan et la plupart des éléments déjà
réalisés d'un livre en projet (voir
ci-après son sommaire).
J'ai eu occasion de faire une présentation
de ce projet en juin 2007 à un colloque
d'Américanistes à l'Université de
St-Quentin-en-Yvelynes.
L'idée de ce livre date de l'an 2000.
A cette époque, j'étudiais les « journaux en ligne » sur
Internet. Ils étaient peu nombreux. Ils étonnaient,
parfois ils scandalisaient : « mais ce n'est plus
intime ! »,
s'écriait-on. - Mais pourquoi un journal devrait-il être
intime ? Son nom l'indique, le journal a d'abord et surtout affaire au
temps. Dans l'histoire de l'humanité, l'intimité lui est
venue très tard, à la fin du XVIIIe siècle, et
elle s'est d'ailleurs vite altérée par la publication
à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.
L'intimité n'est ni une constante, ni une valeur. C'est un fait
historique complexe, variable - dont l'histoire reste à
écrire. Et surtout, elle n'est qu'une modalité
particulière d'un processus plus général : le fait
que le journal est devenu personnel.
A cette époque, en effet, j'ai mieux pris conscience de
l'insuffisance
de mon travail historique. Avec Le
Moi des demoiselles (1993), j'avais exploré un pan des
pratiques d'écriture au XIXe siècle - mais seulement un
pan - en cherchant à établir d'abord les faits enfouis et
inconnus : la recherche sur le journal « intime » est par
définition une forme d'archéologie. Avec la publication
en 1995 du Journal 1788-1793 de Lucile Desmoulins, j'avais fait un pas - mais
seulement un pas - vers la période-clef où s'est produite
cette mutation. La partie historique de l'exposition Un journal à soi (Lyon,
1997) était schématique. Au début du
livre-album publié six ans plus tard sous le même titre
avec
Catherine Bogaert (Ed. Textuel, 2003), on trouvera le résultat
des premières recherches que j'ai entreprises sur l'origine du
journal dans l'Antiquité, et sur les révolutions qui ont
rendu possibles les pratiques modernes du journal : l'invention de
l'horloge au XIVe siècle, et l'arrivée du papier en
Occident. « Journal » était d'abord
un adjectif, toujours
accolé à « papier ».
Le livre que j'envisage aujourd'hui sera un recueil de recherches.
Il reprendra, mais sur des bases très différentes,
l'enquête
lancée en 1990 par Pierre Pachet dans Les
Baromètres de l'âme. Naissance du journal intime - un
"intime" restreint par lui au seul sentiment de
l'inconsistance de soi, et limité aux journaux
publiés.
Il portera exclusivement sur le domaine francophone, pour
la période 1750-1815. Il est imprudent d'écrire une
histoire "européenne" du journal en mélangeant des
pratiques venues d'univers culturels parallèles, contemporains
mais étanches.
Il s'attachera à explorer des pratiques variées,
avec leurs transformations, souvent à partir de corpus de textes
inédits, sans généraliser ni conclure.
Ces textes sont tous nés du croisement de mon désir avec
une occasion (colloque, numéro de revue, ouvrage collectif,
séminaire). Un grand merci aux amis et collègues qui ont
été les déclencheurs, en particulier le groupe « Genèse et
autobiographie » de l'ITEM,
l'A.I.R.E., et le
GDR «
Ecrits
du for privé » du Centre Roland
Mousnier de Paris-IV.
S o m m a i r e
:
I N T R O D U C T I O N
O U V E R T U R E
1
« Les
journaux
spirituels en France du
XVIe au XVIIIe
siècle », in Problématiques
de l’autobiographie,
n° 33 de Littérales
(Université Paris X-Nanterre),
2004, p. 63-85.
2
« "Rien".
Journaux du 14 juillet 1789 », in Le Bonheur de la littérature,
Variations critiques pour Béatrice Didier, sous la
direction de Christine Montalbetti et Jacques Neefs, P.U.F., 2005, p.
277-284.
L
E T E M P S
3
« Au jour d'aujourd'hui », in Lettre et journal personnel,
dossier du n° 32, 2006, d'Epistolaire.
Revue de l'A.I.R.E., p. 57-70.
4
« Philippe de
Noircarmes, diariste minute »,
inédit (Journal de ma vie,
1775-1777, Archives des Yvelines).
5
« Rétif de la
Bretonne, graveur d'instants », in Métamorphoses du journal personnel,
Catherine Viollet et Marie-Françoise Lemonnier-Delpy
éd., Louvain-la-Neuve
(Belgique), Academia Bruylant,
2006, p. 11-28.
6
« Hyacinthe Azaïs,
diariste ambulant », Lalies,
n° 28, 2008, p. 221-227.
7
« Marc-Antoine Jullien,
contrôleur de temps
», -
traduction anglaise : « Marc-Antoine-Jullien :
controlling time », à paraître dans les Actes
du colloque international organisé par Rudolf Dekker et Anne
Baggerman, Controlling Time and
Shaping the Self :
The Rise of Autobiographical Writing since 1750 (Rotterdam, 15-17
June 2006). Texte français dans le
n° 28 de Lalies, 2008, p.
205-220.
L A P E R S O N N E
8
« La conversation avec
soi-même »,
inédit (Sur les ouvrages de Caraccioli)
9
« "Mais basta. Ceci est un journal".
"Journal intime", une contradiction dans les termes »,
inédit (Analyse du métadiscours dans le volume I du Journal de Louis-François de
Guiguer, baron de Prangins, 1771-1779)
10
« Nous ne sommes pas
seuls quand nous sommes seuls », inédit
(Analyse du volume II du Journal de
Louis-François de
Guiguer, baron de Prangins, 1779-1784)
11
« "Et le cahier ?".
Journaux en famille : les
Coquebert de Montbret », Lalies,
n° 28, 2008, p. 189-203.
12
« Le Journal
retrouvé d'Alexandre Brongniart »,
inédit.
13
« Ô mon papier ! », in Les Écrits du for privé : objets
matériels, objets édités, Actes du colloque
de Limoges,17-18 novembre 2005, Limoges, PULIM, 2007, p. 287-295.
L A V I E
14
« Pierre-Philippe
Candy, diariste sexuel », Revue
d'histoire moderne et contemporaine,
55-1, janvier-mars 2008, p.164-178.
15
« Célestin
Guittard, diariste malade », à
paraître dans les Actes du colloque international sur les Écrits
du for privé, Paris, 6-8 décembre 2006.
16
«
François-Nicolas Noël, diariste épistolier »,
inédit.
17
« Deleullion de
Thorigny, diariste romantique »,
inédit (APA 2648).
18
« Azaïs et
le journal-oeuvre »,
inédit.
Dernière mise
à jour : 29 septembre
2008.